Bigard épingle la grande distribution

  • Jean-Paul Bigard, le patron du 1er groupe français de viande bovine.

    Jean-Paul Bigard, le patron du 1er groupe français de viande bovine. David Adémas

L’industriel de la viande a eu des mots très durs, hier, pour les grandes enseignes hexagonales. Il intervenait à Pontivy devant les éleveurs de Triskalia.

« La guerre est totale ». C’est ainsi que Jean-Paul Bigard, le patron du plus grand groupe français de viande bovine (40 % du marché), décrit ses relations avec la grande distribution. Il l’accuse d’acheter à vil prix auprès de ses fournisseurs de l’agroalimentaire mettant ainsi en péril toute une filière. « Nos interlocuteurs de la grande distribution sont d’une médiocrité affligeante, assène-t-il. Ce ne sont plus des professionnels mais de simples figurants. Ils achètent le plus bas possible car leur rémunération en dépend ». (1)

D’ordinaire peu bavard, le patron de Bigard a parlé plus d’une heure devant les adhérents de la section bovine de la coopérative Triskalia. Les agriculteurs sont totalement acquis à la cause de l’industriel lorsqu’il dénonce les pratiques des grandes enseignes. Bigard n’hésite pas à aller au clash. Il a déjà retiré ses steaks hachés Charal des étals de Leclerc. Il n’hésitera pas à dégainer dans les prochaines semaines contre une autre enseigne s’il ne gagne pas son bras de fer.

 

4,35 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires du groupe Bigard s’affichait en légère hausse en 2011. Toutes espèces confondues, les 14 500 salariés produisent 1 million de tonnes de viande par an, dont 270 000 tonnes de produits élaborés. Le groupe abat entre 26 000 et 32 000 bovins par semaine dans 26 abattoirs. La conjoncture est plutôt morose et les abattoirs peinent à atteindre le seuil de rentabilité. Le PDG n’est pas très optimiste. « Après la reprise de Socopa en 2009, nous avions obtenu un assez bon résultat l’année suivante, indique-t-il. Il sera moins bon en 2011 même s’il reste positif ». Il ne pipe mot en revanche sur le résultat de l’ensemble de son groupe, qu’on imagine positif. Le patron de Bigard, également président du Sniv-SNCP, le syndicat des industriels de la viande, préfère tirer la sonnette d’alarme « sur les plus de 100 millions d’euros de pertes dans la filière d’abattage-découpe en porc en 2011. Une telle contre-performance grève nos comptes et est très difficile à vivre. Nous ne pourrons pas la rééditer en 2012 ».

 

Le sujet qui fâche. Face aux adhérents de Triskalia, Jean-Paul Bigard a préféré ne pas envenimer une des controverses qui l’opposent aux éleveurs. Elle concerne l’exportation de jeunes bovins en vif vers le marché turc. Ce nouveau marché a entraîné une hausse inespérée des cours fin 2011, au grand dam des industriels, qui voyaient les prix payés aux producteurs croître et les volumes disponibles pour les abattoirs se contracter. « Sur le marché turc, les éleveurs sont ponctuellement gagnants, mais il ne faudrait pas que cela se traduise par la destruction d’une filière industrielle en France ».

 

Jean-Paul LOUÉDOC.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Bigard-epingle-la-grande-distribution-_3640-2042568_actu.Htm

 


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