La saga du géant du plat cuisiné

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Depuis 1866, Raynal et Roquelaure mise sur l’appertisé, c’est-à-dire le plat cuisiné conditionné sous emballage hermétique. L’entreprise a une activité florissante dans un marché au contexte difficile. La discrète société s’ouvre enfin au public.

Qui n’a jamais mangé un cassoulet des familles Raynal et Roquelaure ? La marque fait partie du patrimoine industriel et publicitaire français, et la firme est née comme un conte de fée au XIXe siècle à Capdenac. Il était une fois Théophile Raynal, gérant du buffet de l’énorme gare de triage, et son cuistot Ernest Roquelaure. Ils eurent l’idée géniale, en 1876, de créer sur place une société de commercialisation de leurs plats stérilisés et sous vide, dans des bocaux ou boîtes de fer blanc, c’est-à-dire « appertisés ». 135 ans plus tard, c’est toujours la même histoire. Une histoire d’hommes et de femmes passionnés qui tiennent une entreprise qui négocie avec bonheur le virage du XXIe siècle.

Il y a 15 ans, le directeur général de l’époque, Maxime Dargegen, analyse qu’il « faut rebâtir Raynal et Roquelaure. » Il confie la mission à un commercial de chez Danone qui deviendra son successeur et qui est aujourd’hui à la tête du groupe : Norbert Glemet. « On a pris notre courage à deux mains, et on a reconstruit », déclare Norbert Glemet.

En 2003, Raynal et Roquelaure rachète à Nestlé l’immense usine de Camaret-sur-Aigues (Vaucluse). Les volumes et les ventes explosent. D’un chiffre d’affaires de 46,3 millions d’euros en 2003, on en est à 138 millions pour 2011, avec, au passage, en 2005, le rachat du label des sauces Buitoni. Et la marque se diversifie dans les sauces et le micro-ondes. Elle rajeunit son image en faisant partir de rien une marque qui cartonne : Zapetti.

2011, année charnière

2011 est une année charnière pour Raynal et Roquelaure. En juillet, le capital est recomposé entre un partenaire financier majoritaire, le fond Boussard et Gavaudan, 15 % du capital réservé au personnel, et le reste à la très discrète famille Foucault. Le nouveau montage assure la pérennité de son intégrité et de son développement, qui se fera par le biais d’acquisitions. 2011, c’est aussi l’ouverture du site de Capdenac au tourisme industriel.

Et 2012 s’ouvre encore sur l’avenir avec le marché très prometteur du halal. Dès fin janvier, Raynal et Roquelaure, leader français de plats cuisinés halal en France, va reprendre sous la férule de sa force de vente le label Dounia Halal.

À Capdenac, l’entreprise concentre son siège social, une plateforme d’expédition conséquente, et la production de petites séries. Elle y emploie 225 personnes pour une surface de 7 200 m2. 14000 des 76 500 tonnes de production annuelle sont capdenacoises. Le reste provient des unités de Sainte-Livrade-sur-Lot et de Camaret-sur-Aigues. 560 personnes travaillent pour le producteur aveyronnais attaché à son terroir d’origine.

Quel cap pour l’avenir de l’entreprise ? « Nous sommes et resterons sur la fabrication et la distribution d’appertisé, quand la concurrence se diversifie dans le frais. C’est un pari que nous gagnerons grâce à la diversification », analyse Norbert Glemet. « Nos outils de production doivent gagner en compétitivité. Nous devons nous agrandir, forts du soutien de Boussard et Gavaudan, notre partenaire financier. Nous devons innover. »

Pour visiter l’usine Raynal et Roquelaure de Capdenac, s’adresser à l’office de tourisme de Capdenac au 05 65 64 74 87, ou à celui de Figeac, au 05 65 34 06 25.

lu dans La Dépêche à http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/23/1267053-la-saga-du-geant-du-plat-cuisine.html

 

 

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