Objectif 25 000 t de déchets traités par an : Sede Environnement mise sur la méthanisation

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 Les équipes de Sede Enviornnement (groupe Véolia) devant le site de méthanisation.Les équipes de Sede Environnement (groupe Véolia) devant le site de méthanisation.

À Graincourt-les-Havrincourt, Sede Environnement exploite depuis 2000 une plateforme de compostage. Au début de l’année 2012, elle y ajoutera une usine de méthanisation capable de traiter 25 000 t de déchets issus de l’industrie agroalimentaire. Ainsi, la société espère produire 8 000 MWh par an de quoi alimenter 2 700 foyers en électricité.

 

Les bâtiment se dressent depuis plusieurs semaines en bordure de nationale. Des structures carrées mais aussi une étrange boule blanche. Sur 9 000 m², Sede Environnement a entrepris la construction du premier site polyvalent de méthanisation du Nord – Pas-de-Calais. Des usines de méthanisation existent déjà notamment sur le littoral ou à Lille mais elles emploient la technique dite de la méthanisation sèche (à partir des ordures ménagères que l’on laisse se décomposer seules). À Graincourt-lez-Havrincourt, on parle de méthanisation liquide. Une activité qui vient s’ajouter à la production de 45 000 t de compost par an sur 8,5 ha d’emprise foncière à partir de déchets agricoles ou de boues.

Objectif 25 000 t de déchets traités par an : Sede Environnement mise sur la méthanisation dans . AGRO . 

« La méthanisation est une nouvelle solution de traitement pour une région très densément peuplée, précise Arnaud Devillepoix, directeur régional Sede Environnement. Elle s’inscrit dans une démarche réglementaire qui prévoit qu’à partir du 1er janvier 2012, les producteurs de déchets organiques devront les trier et les traiter pour éviter leur enfouissement. » Et c’est là que Sede se positionne sur le marché. « Nous allons traiter les déchets organiques pour produire de l’électricité et un amendement organique qui se substitue aux engrais », précise le directeur général de Sede Environnement, Jean-Marie Boudet.

Le contenu de nos poubelles n’intéresse pas la société (tout au moins pour l’instant). Ses clients, ce sont les industries agroalimentaires qui génèrent des déchets ou des loupés de production : des épluchures de pommes de terre, des huiles, des restes de betteraves, de l’amidon, des boissons sucrées, des jus de fruits… Dans le Nord – Pas-de-Calais – Picardie, on estime le potentiel à plusieurs milliers de tonnes par an. Et cela en ne comptant que 20 % de ce qui est produit chaque année, les 80 % restants servant à l’alimentation animale.

« Depuis trois ans, nous avons installé un pilote qui calcule la quantité de biogaz produite par les différents mix énergétiques, qu’on appelle aussi la soupe. À nous de faire les bons dosages en mélangeant dix-huit grandes familles de déchets », explique Olivier Wdowiak, responsable de l’activité méthanisation.

Le procédé est simple : des camions déversent les déchets liquides ou solides dans des cuves. Les opérateurs réalisent le bon mélange et envoient la soupe dans un digesteur. En absence totale d’oxygène, des bactéries digèrent les déchets et les transforment en biogaz. Le restant est appelé un digestat qui sera déshydraté, composté pour servir d’engrais. Le biogaz alimente un moteur qui produit de l’électricité qui est renvoyée dans le réseau EDF. On estime qu’avec 25 000 t de déchets traités par an, 8 000 MWh seront produits annuellement soit la consommation d’une ville de 2 700 foyers. Le bilan énergétique est bon puisqu’on évite le rejet de 2 000 t de CO2 par an ou la consommation de 1 830 t équivalent pétrole. « Avec cet investissement de 8 M €, on va produire 3,5 M de m³ de biogaz par an », poursuit Jean-Marie Boudet. Sede s’y retrouve au final puisque l’électricité est revendue à EDF entre 135 E le KWh (tarif minimum garanti sur quinze ans) et 145 € au maximum.

Le bénéfice ne s’arrête pas là puisque 50 à 70 000 litres de fuel vont être économisés chaque année à Graincourt. La chaleur produite par la méthanisation va servir à purifier l’eau avant rejet dans le canal dans l’évapoconcentrateur du site de compostage. La société mise sur un amortissement de son investissement au bout de quinze années. Quant aux risques pour la population, M. Boudet assure qu’ils sont minimes : « Il n’y aura pas d’odeur puisque tout se fait à l’intérieur de cuves. Nous ne sommes pas classés comme équipement Seveso : si le moteur produisant l’électricité venait à ne plus tourner, une torchère permettrait d’évacuer le gaz. » En fonction des besoins, les capacités de traitement en méthanisation pourraient être portées à 50 000 t de déchets par an.

source: la voix du Nord, http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Arras/actualite/Secteur_Arras/2011/11/19/article_objectif-25-000-t-de-dechets-traites-par.shtml

samedi 19.11.2011, 05:03- PAR EMMANUEL CRÉPELLE

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