Le Glac fait bouillir les producteurs de lait

Le groupement des laiteries coopératives a abordé hier sa réorganisation. Les prix payés aux éleveurs ont aussi fait débat.

310 euros la tonne de lait, c\'est bien en dessous du tarif fixé par l\'interprofession, à 335 euros.Photo Phil Messelet
310 euros la tonne de lait, c’est bien en dessous du tarif fixé par l’interprofession, à 335 euros.Photo Phil Messelet

Au début, ils ont écouté gentiment les explications d’Alain Lebret, le président du Glac (Groupement des laiteries coopératives), sur la fusion en cours: Lescure, Capribeur, Charente Lait et Usval, les quatre structures qui alimentent le Glac, vont être en partie vidées de leur substance pour des raisons de simplification et… d’économies, le groupement montant en pression. L’assemblée générale de secteur, qui a rassemblé quelques dizaines de producteurs de lait de la Charente hier à Claix, avait cette réorganisation à l’ordre du jour. «C’est une centralisation des services communs et du personnel. Ça ne fait que concrétiser une réalité», explique Alain Lebret, qui est passé très vite sur la fusion abandonnée avec Eurial, donnée pour acquise il y a quelques mois.

Alain Varacher, le bouillant président de l’Apli (Association des producteurs de lait indépendants), a sauté sur l’occasion pour évoquer une autre réalité, beaucoup plus préoccupante pour les éleveurs: «J’ai peur que les éleveurs n’aient plus aucun moyen de se défendre sur le prix du lait.» Car c’est bien là que le bât blesse: au lieu des 335 euros du cours recommandé par l’interprofession, le Glac ne verse que 310 euros par tonne de lait collectée. Alain Varacher a fait ses comptes: 10.000 euros de manque à gagner sur l’année pour une exploitation charentaise moyenne .

Ça ira mieux l’an prochain

Laurent Gallois-Montbrun, le directeur, et Alain Lebret en sont désolés: ils ne peuvent tout simplement pas faire mieux. Parce que le Glac, qui collecte 80% du lait du département, est en difficulté. Alors on s’efforce d’y remédier par le biais de cette fusion, la fermeture de l’usine de Lezay (Deux-Sèvres) déjà actée, et de celle de Chadenac (Charente-Maritime) qui sera effective en fin d’année, l’extension des gammes de produits, la qualité tirée vers le haut. «On a eu accès à vos comptes», rétorque Joseph Dekkers, venu de Haute-Vienne en tant que représentant de l’office du lait.

Il pointe des actifs de plus de 163 millions d’euros pour des dettes de 90 millions d’euros, et une trésorerie positive de 38 millions d’euros. Les actifs, ce sont des stocks qui coûtent de l’argent et ne s’écoulent pas facilement, répond Alain Lebret: «Une entreprise qui ne gagne pas d’argent, elle meurt.» «Et nous, on n’en perd pas de l’argent?», s’insurgent les producteurs qui ont le sentiment de «servir de banquiers» au Glac. «On va toujours aller vers le bas», redoute Albert Selin, agriculteur à Blanzaguet qui fait de la transformation et de la vente directe pour améliorer l’ordinaire.

Mais non, jure Alain Lebret, le prix de l’interprofession reste un objectif prioritaire. Il sera sans doute atteint en début d’année prochaine. Un éleveur maugrée: «Attendre, on nous demande toujours d’attendre».

 

source: Charente LIbre

http://www.charentelibre.fr/2011/11/15/le-glac-fait-bouillir-les-producteurs-de-lait,1065051.php

 


Autres articles

Répondre

croquefeuille |
Succès Marketing |
Entre Organisation et Equit... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 3D-Margot-Marina-Franck
| On s'amuse...
| cuisinebio