La fusion entre Eurial et le Glac au point mort

Ce devait être la deuxième coopérative laitière en France. Mais la fusion totale entre les coopératives nantaise Eurial et picto-charentaise Glac ne se fait finalement pas.

 Le Glac, ici sur le site de Surgères, produit chaque année 27 000 tonnes de beurre.   archives x. Léoty

Le Glac, ici sur le site de Surgères, produit chaque année 27 000 tonnes de beurre.ARCHIVES X. LÉOTY

L’annonce avait été faite en grande pompe en juin 2010. Le Groupement des laiteries coopératives (Glac) devait fusionner avec le Nantais Eurial. De cette alliance « historique », selon Jean-Pierre Raffarin (1), devait naître à la fin de l’année « le nouveau géant du lait », un groupe coopératif laitier unique, leader en lait de chèvre, en beurre AOC Charentes-Poitou et en beurre au sel marin.
source: sud-ouest à http://www.sudouest.fr/2011/11/12/la-fusion-entre-eurial-et-le-glac-au-point-mort-551507-881.php

Les prévisions étaient emballantes. Nous écrivions à l’époque, au futur, que la nouvelle coopérative « s’installera à la deuxième place des groupes coopératifs laitiers, capable de rivaliser avec les poids lourds privés comme Bongrain et Lactalis. Il représentera en effet 1,9 milliard de litres de lait de vache et de chèvre, 10 000 producteurs, 2 600 salariés, 26 usines, dans l’Ouest, le Sud-Ouest et le Massif central. » La nouvelle entité devait s’étendre des Pyrénées au Pays de la Loire. Les deux groupes espéraient ainsi être plus forts pour affronter la dérégulation de 2015 et la fluctuation des marchés mondiaux. Mais voilà, la fusion ne se fait plus.

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« La fusion totale telle qu’imaginée a été abandonnée. C’est trop compliqué à mettre en œuvre. Il n’y a pas toutes les complémentarités qu’on aurait souhaitées. Nous nous en sommes rendu compte au fur et à mesure de l’étude. Donc nous allons procéder différemment et intégrer quelques filières. Les discussions se poursuivent », reconnaît Alain Lebret, le président du Glac dont le siège est à Surgères (Charente-Maritime). Dans la campagne picto-charentaise, les rumeurs de mauvaise santé financière des deux groupes circulent. « Eurial est un groupe qui a investi sur le plan industriel donc qui est fatigué mais c’est une entreprise qui marche bien », assure Alain Lebret. Autre point de désaccord évoqué, la disproportion du nombre d’emplois entre les deux groupes (1 700 salariés pour Eurial, 1 200 pour le Glac).

Certaines voix s’élèvent pour regretter l’échec de la fusion, notamment celles défendant les éleveurs caprins. Le nouveau groupe aurait représenté 70 % du marché national, et aurait ainsi été une importante force de négociation face à la grande distribution.

Fermeture de deux laiteriesConcernant le Glac, le groupe de Surgères est actuellement en pleine restructuration, industrielle et commerciale. « On s’est un peu laissé aller. Il y a beaucoup à faire dans ces deux secteurs. On connaît actuellement une restructuration importante sur les sites de Lezay et Chadenac (lire ci-dessous). Si on veut faire une mutation correctement, ça coûte un peu. On recherche constamment des solutions par ailleurs », apprend Alain Lebret.

Ainsi, le Glac s’est récemment positionné sur le marché espagnol en rachetant 20 % du capital de Lácteos Caprinos, fabricant andalou de caillé de chèvre. « Les Espagnols voulaient envahir le marché français, ce qui ne nous arrangeait pas du tout. D’autant que nous produisons beaucoup de caillé, ce sera un débouché supplémentaire pour nous », commente Alain Lebret.

Lundi se tiendra l’assemblée générale de section à la laiterie de Claix (Lescure). Les autres coopératives de base du Glac (Charente Lait, Capribeurre et l’Usval) feront de même. Objectif, préparer l’assemblée générale extraordinaire du Glac de la mi-janvier, et le vote pour la fusion des actifs de ces quatre coopératives. « Les éleveurs conserveront leur laiterie, l’ensemble des actifs iront dans le Glac », éclaire Alain Lebret. En coulisses, il se murmure que le Glac pourrait changer de nom à l’occasion de cette assemblée générale extraordinaire. « Je ne peux en dire plus. Il y a débat », glisse le président.

(1) Président de l’association centrale des laiteries coopératives.

 


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