Diorren, l’école des futurs dirigeants bretons

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Lancée par l’Institut de Locarn, elle formera chaque année, à partir de 2013, entre vingt et trente cadres dirigeants, repreneurs ou créateurs d’entreprises en Bretagne.

En 2015, un chef d’entreprise sur deux aura 60 ans ou plus. Des centaines de PME bretonnes se trouvent déjà confrontées à la question de la succession de leurs dirigeants. De plus, assure Joseph Le Bihan, fondateur de l’Institut de Locarn, « il manque au tissu industriel breton 400 petites et moyennes entreprises pour se hisser au niveau allemand ».

L’Institut de Locarn, organe de réflexion et de prospective économique, propose déjà un panel de formations. Il va l’élargir « par le haut » en ouvrant, en janvier 2013, une école supérieure, baptisée Diorren, « élever » en breton.

C’est un grand patron breton et jeune retraité, Alain Le Roch, ancien président des laboratoires AES et du Football club de Lorient, qui pilote ce projet « ambitieux et innovant ». Diorren ne sera « ni une business school, ni une Sup de Co, ni un master en management de plus », assure-t-il. Gérée par une société anonyme, elle pratiquera une pédagogie inspirée par un modèle irlandais et adaptée à la Bretagne par Carlo Brumat. Docteur en physique et en sciences de l’organisation, il a déjà mis en place des cursus de formation de dirigeants à Singapour et au Mexique.

Des décideurs aguerris

La future « École des entrepreneurs innovants » veut rompre avec tous les schémas pédagogiques classiques. « La plupart des diplômés de HEC et autres grandes écoles se sont tournées vers la finance, on voit ce que ça donne… », ironise Alain Le Roch. Portée par un réseau de chef d’entreprises, Diorren formera de futurs dirigeants à toutes les disciplines du management en inscrivant à son fronton « éthique et pragmatisme ». Le cursus, de 44 semaines, sera animé par des praticiens de l’entreprise et un corps professoral européen. Il intégrera des enseignements en anglais, en français et… une initiation à la langue bretonne. Car, explique Alain Le Roch, « nous nous inscrivons clairement dans un projet de territoire ».

Les futurs étudiants, cadres de 30 à 40 ans, justifiant d’une expérience d’au moins cinq ans, seront recrutés moins sur leurs diplômes que sur leur motivation et leur caractère : « Pour prendre la relève, nous avons besoin de décideurs aguerris, pour ne pas dire des guerriers prêts à affronter une guerre économique. »

Une part du coût de cette formation (autour de 30 000 € par étudiant) sera nécessairement prise en charge par l’employeur. Cher ? « Un recrutement raté, à ce niveau, revient au moins à 50 000 € pour une entreprise », note Alain Glon, président de l’Institut de Locarn.

Jean-Laurent BRAS.

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