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Jean Mane élu Entrepreneur de l’Année 2011

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Représentant de la quatrième génération à la tête de l’entreprise familiale V. Mane Fils, Jean Mane est le lauréat du prix L’Entrepreneur de l’année 2011 décerné par Ernst & Young et L’Entreprise, en partenariat avec la Compagnie financière Edmond de Rothschild. Ce manager qui ne jure que par le travail en équipe est fier d’avoir hissé son groupe au sixième rang mondial sur le marché des produits aromatiques.

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Jean Mane, Président de l’entreprise V. Mane Fils, élu Entrepreneur de l’Année 2011

L’entreprise Mane, fondée en 1871 au Bar-sur- Loup (près de Grasse) par Victor Mane, l’arrière-grandpère de l’actuel président du directoire, a changé d’échelle au fil du temps. Tout particulièrement depuis l’arrivée à sa tête de Jean Mane en 1995. Aujourd’hui, le groupe pèse 480 millions d’euros de chiffre d’affaires (en 2010), dont plus de 80 % réalisés à l’international.  » Notre force est d’être devenus une entreprise globale tout en gardant nos racines provençales « , explique ce patron globe-trotter.

« A l’origine, nos matières premières c’était seulement l’huile d’olive et les dérivés de citrus [agrumes, ndlr], raconte Jean Mane. Actuellement, nous utilisons Jean Mane Prix national plus de 6 000 produits différents.  » Le développement hors normes de l’entreprise est porté par la diversification de l’activité, partagée entre les parfums (50 %) d’un côté, et les arômes alimentaires (40 %) et ingrédients (10 %) de l’autre.

L’international dans les gènes

A Grasse, berceau des parfumeurs, qui abrite de très belles entreprises du secteur, comme Robertet (362 mil lions d’euros de chiffre d’affaires), V.Mane Fils caracole en tête  » tout en restant indépendante « , souligne son dirigeant farouchement attaché au caractère familial de son capital.  » Ne pas être coté [à la différence de Rober tet, ndlr], cela change tout dans la gouvernance et la stratégie de la socié té.  » Jean Mane revendique une action sur le long terme, qui est couronnée de succès : « Avec la crise, nous avons prouvé une forte capacité de résilience. Nous avons réalisé plus de 44 % de croissance depuis 2008 et 14 % de rentabilité en 2010. « 

 » Ce n’est pas moi qui ai initié la stratégie à l’international. Déjà en 1956, mon grandpère avait ouvert une filiale au Japon et une à New York « , confesse l’industriel qui a poursuivi l’aventure en multipliant par deux le réseau depuis 1995. Mane compte à présent 40 filiales et implantations. 
Et la filiale japonaise, détenue à 100 % (car créée avant les lois protectionnistes qui imposent désormais aux entreprises étrangères de s’associer avec un investisseur local), fait partie étroitement de la vie de la famille.  » Imaginez : depuis plus de cinquante ans, nous passons en moyenne une semaine par an avec nos partenaires japonais « , insiste Jean Mane.

Cette présence à Tokyo et Osaka affirmée sur le long terme a permis à l’entreprise de tisser d’excellentes relations avec des clients réputés difficiles.  » C’est un pays très hiérarchisé où la notion de confiance est au coeur de tout échange commercial. Les Japonais ne supportent pas de changer d’interlocuteur. Travailler au fil des générations en contact direct avec un représentant-dirigeant de notre entreprise fait toute la différence avec les grands groupes internationaux « , analyse le dirigeant.

Un savoir-faire couleur locale

Pour se développer à l’international sur des marchés mondiaux  » qui ont un potentiel sans commune mesure avec celui de l’Hexagone, qui ne représente que 60 millions de consommateurs « , il faut tordre le cou  » aux faux procès de la délocalisation. Produire sur place nous a permis de gagner des marchés que nous n’aurions jamais obtenus à distance « , affirme l’entrepreneur azuréen. Lui qui emploie 1 700 salariés en France sur près de 3 000 au total, revendique une stratégie de  » business de proximité « . Et il ajoute, un brin provocateur :  » Les métiers des arômes et du parfum restent par définition indélocalisables car la perception du goût s’apprécie mieux sur place qu’à 20 000 kilomètres. Et quand je crée des filiales, je crée aussi des emplois. « 

Jean Mane est formel : le coeur de son métier reste en France.  » Les molécules, la R&D, les brevets sont au Bar-sur-Loup, certifie le président de Mane et fils. Mais, on le sait bien, pour rester compétitif sur un marché local, face à des concurrents locaux et internationaux, il faut produire localement. Mane compte 21 sites de production dans le monde car ce sont ceux qui sont sur place qui se taillent la part du lion.  » L’objectif étant d’apparaître comme un acteur local parmi d’autres.

D’ailleurs, Jean Mane prouve, calculs à l’appui, que, même pour le marché chinois pourtant proche des sites industriels indonésiens, la distance n’était économiquement pas jouable.  » Dans le meilleur des cas, une commande prise le lundi matin à Pékin, chargée en bateau à Jakarta, n’aurait été livrée que le dimanche soir. Et encore à condition de ne pas avoir de problèmes à la douane.  » Un jugement forgé, on le sent, par l’expérience.  » Les marchés sont soi-disant ouverts, mais c’est sans compter sur les tracas administratifs. 

Par Patricia Salentey pour LEntreprise.com, publié le 20/10/2011

source: L’Express – l’entreprise

http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-entreprise/jean-mane-elu-entrepreneur-de-l-annee-2011_31073.html?xtor=EPR-11-[ENT_Zapping]-20111021–1441072@177812657-20111021064645

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