Des céréales destinées à des porcs et des volailles

Selon l’Union syndicale Solidaires, il aura suffi de quelques journées d’exposition à des pesticides, et d’une centaine de litres dispersés pour provoquer saignements, maux de tête, troubles du sommeil et vomissements à répétition. «Aujourd’hui encore, dès que Stéphane Rouxel et Laurent Guillou sont en présence d’un produit chimique, ces troubles réapparaissent brutalement, rapporte Serge Le Quéau, délégué régional de l’Union syndicale Solidaires. C’est ce qui se produit, par exemple, lorsqu’ils pénètrent dans un magasin qui vient d’être lavé avec un simple produit d’entretien». «C’est pour cette raison que nous avons refusé les offres de reclassement, explique Laurent Guillou, l’un des deux salariés intoxiqués licenciés. On ne peut vraiment plus approcher le moindre produit phytosanitaire». 

«À la lance comme pour un incendie» 

Lui se rappelle particulièrement «le jour où l’employé non agréé d’une entreprise spécialisée a répandu du traitement à la lance, comme on éteint un incendie!». Les pesticides devaient traiter des céréales destinées à l’alimentation animale: des porcs et des volailles élevés en Bretagne et, probablement, eux-mêmes destinés… à la consommation humaine. Hier, nous avons tenté de joindre la Direction régionale de l’agriculture pour connaître la réglementation et les risques liés aux pesticides. En vain. Dans une interview accordée au site web du Télégramme, LaurentGuillou dénonce «le recours massif à ces produits, alors qu’il suffit de bien ventiler pour éviter la prolifération des vermines». Selon lui, des dizaines de milliers de tonnes de blé ont ainsi été «mal stockées», déclenchant «la prolifération de milliards de parasites». 


Animaux morts 

L’usage intensif de pesticides aurait, selon lui, provoqué «une surmortalité des bêtes nourries avec les céréales contaminées et des avortements en nombre chez les truies». «Certains éleveurs ont manifesté leur mécontentement mais, aujourd’hui, aucun ne souhaite témoigner», déplore-t-il. Les salariés, soutenus par l’Union syndicale Solidaires et plusieurs associations (Générations futures, Phyto victimes, Attac), assurent également que «des animaux sauvages (oiseaux), qui auraient pu consommer des grains de blé des silos, ont été retrouvés morts, à l’époque, autour de l’usine». Les services spécialisés (ONF et ONCFS) que nous avons contactés nous ont indiqué n’avoir «aucune trace» de ces incidents. La direction de Triskalia indique qu’elle a désormais recours à un traitement préventif. «Ce n’est pas beaucoup mieux, observe Laurent Guillou. Même si les recommandations du fournisseur sont respectées, ce sont tout de même entre 5.000 et 7.000 litres qu’on répand pour 100.000 tonnes de céréales!»

 


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