Glac et Eurial: le nouveau n° 2 de la filière laitière française

* Glac et Eurial: le nouveau n° 2 de la filière laitière française dans - Pays de Loire 000127884_5
Ces deux coopératives laitières, l’une en Charente, l’autre en Loire Atlantique, ont annoncé la fusion de leurs activités, le mercredi 16 juin 2011. Le leader de la filière reste, de loin, Sodiaal. Compte tenu de la crise dont souffrent les producteurs et transformateurs de lait, d’autres regroupements devraient avoir lieu ces prochains mois.

La filière laitière n’en finit plus de se métamorphoser en France, alors que les producteurs de lait continuent à souffrir d’un tassement de leurs revenus. Le deuxième groupe coopératif de ce secteur vient de naître, résultant de la fusion des activités de Glac, situé en Charente, et d’Eurial, dans la Loire atlantique. Cette fusion était sur le feu depuis six mois.

Cinq-mille producteurs de lait unissent ainsi leurs forces, et le nouveau groupe affiche un chiffre d’affaires annuel de 1,3 milliard d’euro. Le numéro deux français de la filière transformera par année 1,6 milliard de litres de lait issus de vaches tout comme 300 millions de litres émanant de chèvres. Ses effectifs seront de 2.600 personnes, la production des coopérants étant transformée sur 26 sites, où sont élaborés tout à la fois des fromages mixtes, du beurre, du fromage frais, de la crème fraiche, du lait de consommation frais et UHT, des poudres humaines, animales, des poudres de babeurre, etc.


SODIAAL-ENTREMONT

Eurial détient un portefeuille de marques parmi lesquels figurent Soignon et Grand Fermage. Glac, quant à lui, commercialise des produits sous ces noms: Saint Loup, Bougon, Surgères, Lescure, Le Petit Vendéen.
Cette fusion survient quelques semaines après l’annonce du rachat, par la coopérative Sodiaal, alors (et toujours) numéro un du secteur, d’Entremont. Ce groupe laitier accusait des difficultés.

Entre le leader du secteur et le nouveau géant Glac et Eurial, des différences de taille puisque Sodiaal, à lui seul, regroupe 8.500 producteurs de lait et rayonne dans une soixantaine de départements.
Au siège de la Fédération Nationale des Coopératives Laitières, constituée de 140 coopératives auxquelles s’ajoutent 200 «fruitières» (des coopératives minuscules), l’on admet ceci: la filière laitière, depuis quelques temps, est soumise à une vague de reconfigurations destinées à faire émerger des groupes plus consistants.

EN BRETAGNE 

En 2009, trois producteurs de l’Ouest avaient montré l’exemple, autour de Coopagri Bretagne. Nouveau coup de théâtre laitier dans cette région en février dernier, avec l’émergence d’une coopérative brassant les actifs de Coopragi, Union Eolys et Cam 56. Numéro deux actuel de la filière laitière, ce «colosse régional» abrite sous sa bannière 20.000 adhérents et il réalise un CA annuel de 2,8 milliards d’euros.

Il ne fait aucun doute que les fusions et acquisitions vont se poursuivre de plus belle parmi les producteurs et transformateurs de lait, en raison de l’étau financier se resserrant autour des éleveurs et de leur famille, dont le destin est suspendu à l’évolution des prix du lait et à la politique de quotas de Bruxelles. La France est le deuxième producteur de lait à l’échelle européenne (11 milliards de litres de lait de vache par an et 200 millions provenant des chèvres), derrière l’Allemagne. Les produits de cette filière garantissent 16 % des exportations agricoles tricolores et elles génèrent un solde commercial positif.


SYSTEME DEMANTELE

Enseignant en master de finances publiques à la Sorbonne, directeur de recherche, Nicolas-Jean Brehon rappelait (sur un site universitaire) les racines de la crise actuelle: «La nouvelle politique agricole commune mise en œuvre en 2003 a été incapable de procurer des revenus aux producteurs laitiers. (…) Le système des prix a été démantelé.» Même son de cloche de Gérard Budin, président jusqu’en mai dernier de la Fédération Nationale des Coopératives laitières: «En raison de l’affaiblissement et la sortie annoncée des dispositifs communautaires de régulation publique, dont la crise laitière est la première conséquence révélatrice, nous devons sortir de la frilosité, retrousser nos manches et passer à l’action.»

Le 16 juin 2010 par Yann Le Houelleur

 


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