Laïta s’arme face à la volatilité des prix

Le pari n’était pas gagné d’avance. Rassembler trois coopératives laitières aux cultures différentes sous un même toit supposait une réorganisation, des concessions. À peine deux ans après la formation de la nouvelle entité, les responsables parlent de « phase de construction terminée ». Et Laïta se dit prêt « pour une nouvelle étape de développement ». Pourquoi pas au travers de partenariats aussi exotiques qu’avec le chinois Synutra qui lorgne sur le lait breton.
« Laïta n’est absolument fermé à rien. Nous sommes prêts à regarder tout partenariat », glisse Christian Couilleau, directeur général, qui voit d’un bon œil l’intérêt que portent les Chinois au Centre-Bretagne. « C’est le signe que le marché laitier se développe dans le monde. En cela, c’est une première bonne nouvelle. C’est aussi l’illustration que le bassin laitier de l’Ouest est reconnu pour son potentiel de production et la qualité de son lait ».

« Rester maître sur nos territoires »

Pour autant, c’est sur son marché de 1,27 milliard de litres collectés auprès de 3 475 producteurs du Grand Ouest que Laïta concentre aujourd’hui ses efforts. Avec cette volonté réaffirmée par Dominique Chargé, président : « Rester maître de nos destins sur nos territoires ». Et les dirigeants d’insister sur le caractère territorial du groupe qui veut « s’armer pour renforcer les exploitations et mieux résister la volatilité ».
Une volatilité des prix qui est aujourd’hui bien ancrée dans le secteur laitier et qui ne fera que s’affirmer avec la fin des quotas en 2015. C’est dans ce contexte que le groupe coopératif adapte sa stratégie industrielle et commerciale. Entre autres, en renforçant ses positions sur le marché des produits de grande consommation (51 % du chiffre d’affaires). Dont le beurre moulé tradition « Paysan Breton », créneau sur lequel le groupe est leader avec 17 200 tonnes (+ 7 %).
Pour écouler une production en hausse de 6 % sur 2010, Laïta ne néglige pas les marchés émergents et parle de « gros travail à faire » sur l’internationalisation (répartition du chiffre d’affaires 2010 : 65 % France, 25 % Europe, 10 % pays tiers). « La tendance de fond est à la hausse de collecte », relève C. Couilleau qui constate toutefois que la sécheresse commence à avoir des effets sur la production printanière 2011. « Depuis 15 jours, les livraisons sont à la baisse par rapport à la courbe normale de production saisonnière. Mais globalement, la collecte de printemps a été très forte et seule la réorganisation des six sites industriels a permis d’absorber ces volumes supplémentaires et de mieux appréhender les quantités d’excédents ».

Pas de poudre unique

Nouveau visage des bassins laitiers, restructuration des troupeaux, fin des quotas : tous les ingrédients (sauf une sécheresse qui se répéterait ?) sont réunis pour grossir le fleuve blanc breton. Pour la coopérative, il s’agit donc de trouver des débouchés. « Dans ce dessein, nous faisons le choix de la segmentation des produits. Exemple, nous spécialisons nos tours pour produire de la poudre de yaourt pour chocolatiers, de la poudre de beurre pour les boulangers, etc. »
Derrière cette orientation commerciale se dressent des investissements de 53 millions d’euros sur les deux années 2010 et 2011. Dont 29 millions d’euros pour l’année en cours. Huit millions seront affectés aux tours de séchage pour accompagner la volonté de segmentation qui participe à davantage de valeur ajoutée. « 13 millions concernent des investissements dans les PGC dont 5 millions dans les beurres pour améliorer notre position de leader sur ce marché », détaille le directeur général. 
Didier Le Du

Photo : Christian Couilleau, directeur général, et Dominique Chargé, président de Laïta.

 


324,10 €/1 000 litres
Depuis la « tempête laitière » qui avait conduit les syndicalistes à manifester au siège social de Brest en août dernier, le prix du lait a renoué avec les hausses. « Le prix a progressé de 10 % en 2010 », rappelle Dominique Chargé qui table sur une augmentation de 10 % du prix en juin prochain.
Le président de Laïta rappelle que 97 % du lait a été payé 324,10 €/1 000 litres sur la dernière campagne. « Les 3 % – allocations provisoires de fin de campagne – restants ont été payés 315,70 €/1 000 litres. Cette orientation a donné entière satisfaction aux adhérents », commente-t-il en défendant la possibilité pour les adhérents d’augmenter leur production au travers du double volume avec prix différencié. «Avec en parallèle cette nécessité pour la coopérative de valoriser ce lait sur les marchés émergents où la volatilité est plus forte ».  

source: Paysan Breton (l’hebdo)

http://www.paysan-breton.fr/article/11904/laita-s%92arme-face-a-la-volatilite-des-prix.html

 


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