L’agriculture bretonne pointée du doigt / « Une communication agressive déplorable

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La campagne d’affichage de France Nature Environnement (FNE) continue de faire réagir. Vendredi dernier, Denis Manac’h, au nom des 20 000 adhérents de la coopérative, s’est élevé contre la campagne qui frappe de plein fouet l’agriculture en général, bretonne en particulier.
« C’est le sujet numéro un des réunions agricoles du moment », explique le président de Triskalia. Et de faire remarquer que « les adhérents se sentent injustement dénigrés, en tant qu’agriculteurs, mais aussi en tant que citoyens ; puisque certains messages touchent aussi l’image de la Bretagne dans son ensemble ». Il ajoute : «  Déjà plongés dans un contexte économique difficile, beaucoup d’agriculteurs se posent la question de savoir s’ils vont continuer. Ce dénigrement les touche au plus profond d’eux-mêmes et les décourage ».

Plutôt l’échange

Préférant sans ambiguïté les communications positives traditionnellement menées au moment du Salon de l’agriculture, Denis Manac’h parle de « fête gâchée ». La vitrine qu’est en effet le rendez-vous annuel parisien est, cette année, entachée par « des communications extrémistes de quelques-uns. Ce n’est pas en opposant les uns aux autres que l’on avance, mais bien au travers de l’échange. C’est pourquoi la profession a toujours été prête à la discussion ».
Le patron de la coopérative qui « touche deux agriculteurs sur trois en Bretagne » en profite pour remettre les pendules à l’heure en rappelant les importants efforts consentis par le monde paysan en matière d’environnement. « Mises aux normes, mesures en bassins versants, couverts végétaux, etc. Les agriculteurs ont su s’adapter à chacune des évolutions de la réglementation. Les efforts portent aujourd’hui leurs fruits », dit-il. « Sans oublier que toutes ces nouvelles contraintes sont souvent coûteuses ».
Le président de la coopérative profite également pour rappeler que « la mission première de l’agriculture est de nourrir la population. La Bretagne n’a pas à rougir de ses entreprises agricoles et agroalimentaires qui produisent des aliments de qualité, respectant une réglementation française parmi les plus strictes d’Europe, et des cahiers des charges de qualité nombreux et variés ».
D. Le Du


Les attaques se poursuiventL’onde de choc de la campagne FNE pas encore évanouie, les attaques contre l’agriculture se multiplient. Dans « Le livre noir de l’agriculture », la journaliste  Isabelle Saporta, qui a longtemps préparé les émissions de Jean-Pierre Coffe sur France Inter et  qui est aussi l’auteur du documentaire « Manger peut-il nuire à notre santé », s’attaque frontalement à l’agriculture responsable selon elle de nombreux maux : gaspillage, pollution, antibiorésistance, etc.
Ce livre rejoint un autre ouvrage sorti en France au mois de janvier dernier : « Faut-il manger des animaux », écrit par  Jonathan Safran Foer. Selon cet auteur américain, « manger de la viande pollue la planète, contribue à la dégradation climatique et à l’extension de la faim tout en ruinant nos santés (…) ».
À signaler encore WWF qui s’attaque à la Bretagne au travers de son documentaire « Le raz-de-marée des algues vertes ». Cette vidéo a été mise en ligne sur le site internet Youtube quelques jours avant l’ouverture du salon de l’agriculture. 

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