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L’alimentaire en mal de reconnaissance

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Les PGC sont à la traîne dans le palmarès des innovations marquantes des dix dernières années réalisé par Ipsos pour LSA. Logique face au succès du high-tech, mais injuste au vu des efforts entrepris.
Pas facile de se faire une place au firmament de l’innovation pour les produits alimentaires. Jugez plutôt : les dosettes de café Senseo (Sara Lee) n’obtiennent que la trentième note du palmarès Ipsos/LSA des produits et services jugés les plus innovants par les Français. En huit ans, elles ont pourtant créé, avec les concurrents et les marques de distributeurs qui s’y sont engouffrées depuis, un marché de près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, en croissance continue. Mieux que les pâtes à tartiner ou le thé et autant que les confitures ! Dans l’esprit des consommateurs, les dosettes, qui ont fait des petits jusqu’au secteur de l’entretien, sont néanmoins largement devancées par les GPS, les TV HD, les consoles de jeux, smartphones, lecteurs MP3 ou tablettes tactiles.

Il n’y a guère que les sacs-poubelle 100 % biodégradables d’Alfapac qui résistent à l’hégémonie des produits high-tech. Quatre ans après leur lancement, pourtant, les sachets à base de fécule de pomme de terre ne représentent que 3 % du marché en valeur. Une niche, mais porteuse de valeurs désormais incontournables pour les Français. « Cette place confirme que nous sommes au coeur des préoccupations actuelles de respect de l’environnement, de développement durable et d’utilisation des ressources naturelles », se réjouit Jean-Marc Nony, directeur du développement durable du groupe Sphere, propriétaire d’Alfapac, quand même surpris d’être en aussi bonne compagnie, non loin du numéro un Google et devant la Wii. Pour pousser son avantage, la marque lance dans les semaines qui viennent une nouvelle gamme de sacs fabriqués à base de produits végétaux et 100 % recyclables. Pas biodégradables, donc, mais avec un atout de taille : des prix similaires aux produits de marque classiques, contrairement à la gamme bio, deux fois plus chère. De quoi développer considérablement la catégorie.

Les boissons et la beauté les plus mal notés

Alfapac fait toutefois figure d’exception car, pris dans son ensemble, le secteur des PGC est à la traîne sur la dernière décennie. « Il est clair que l’alimentaire a été relativement moins innovant », constate Thomas Tougard, directeur général adjoint d’Ipsos France. Ou, en tout cas, que les efforts engagés par les fabricants ne sont pas aussi bien perçus que dans l’univers des produits high-tech. C’est particulièrement net pour les secteurs des boissons ou de la beauté, qui recueillent les notes moyennes les plus faibles, respectivement 5,2 et 5,4 sur 10 (contre 6,5 pour les produits d’entretien). Les industriels sont pourtant loin d’avoir démérité. Sauf peut-être durant les deux dernières années, crise oblige. C’est, de toute façon, faire peu de cas des lancements des energy drinks, des boissons fonctionnelles, de Coca zéro, de la Beer tender… Côté beauté, le premier produit de la catégorie, le rasoir 5 lames de Gillette, ne recueille que la 51e note, quand les industriels du secteur figurent parmi les plus gros investisseurs en recherche et développement, tous secteurs confondus. Les produits frais ne sont pas plus gâtés, à l’image de la box de Sodebo, seulement 65e du classement, alors qu’elle est venue animer depuis d’autres secteurs comme l’épicerie et qu’elle est plébiscitée par les professionnels.

Belles initiatives des PME

Reste à espérer que le millésime 2010 des Oscars de LSA réconciliera les Français avec l’innovation alimentaire. Ce 31e palmarès est, quoi qu’il en soit, marqué par l’inventivité de nombreuses PME, comme le constate Maude Farah, responsable de l’innovation de Leader Price Franprix. « Je vois deux axes forts d’innovation : le développement durable au sens large – sur l’emballage, le produit lui-même, la proximité des sources d’approvisionnement… -, et tout ce qui gravite autour de la cuisine, des aides culinaires, avec des produits inspirés de ceux employés dans la restauration. » À déguster sans modération.

par Jérôme Parigi

http://www.lsa-conso.fr/l-alimentaire-en-mal-de-reconnaissance,118022

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