La France veut repenser son industrie agroalimentaire

(Easybourse.com) Branle-bas de combat dans la filière agroalimentaire française. Après les Premières rencontres économiques de l’agroalimentaire, c’est au tour du Comité stratégique de l’industrie agroalimentaire et de l’agro-industrie d’être lancé. Objectif commun : la France doit retrouver sa place de leader mondial.

Au mois d’octobre dernier, Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, avait annoncé lors des «Premières rencontres économiques de l’agroalimentaire» organisées dans le cadre du Salon international de l’agroalimentaire (Sial), que la filière devait se mobiliser afin de retrouver sa première place mondiale, après être tombée à la quatrième place ces dernières années, derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas. «Nous avons de l’or entre nos mains», et il est nécessaire de «mieux valoriser nos produits industriels», a réaffirmé Bruno Lemaire, à l’occasion du lancement du Comité stratégique de l’industrie agroalimentaire et de l’agro-industrie. Le comité a défini quatre grands objectifs : l’exportation avec l’atteinte d’une taille critique par les entreprises du secteur et l’analyse de ce qui se fait dans les principaux pays concurrents, l’innovation, la valorisation des produits via la «marque France» en luttant contre le déficit d’image, et la compétitivité de l’industrie. Le ministre est revenu sur l’idée d’un label France, à l’image de l’Italie, avec une déclinaison par régions. De plus, il a qualifié l’Allemagne de «grand concurrent» européen de la France, tout en ajoutant que «nous avons les moyens d’être aussi compétitifs». Parmi la myriade des 10 000 entreprises agroalimentaires françaises, en grande partie des PME, l’un des objectifs serait de favoriser la mutualisation des moyens à l’export mais aussi la création de grandes entreprises.


L’Ania demande des mesures concrètes

Concernant la méthode à employer, Bruno Lemaire a mis en avant la nécessité d’unité dans la filière afin de mettre fin aux querelles de clocher. C’est une des raisons pour lesquelles le comité se compose de 40 personnes dont des représentants du monde agricole et agroalimentaire, de la distribution, des salariés, et des organismes publics. Parmi les industriels, le comité réunit entre autres Jean-Philippe Paré de Kraft Foods France, Christophe Bonduelle, Stanislas de Gramont de Danone, mais aussi Claude Sendowski de Sodiaal. «Coordonner les acteurs et dynamiser les actions» est en somme l’objectif directeur de ce comité, présenté par le ministre de l’Industrie, Eric Besson comme «une structure permanente pour dialoguer» sur la transmission des prix et la volatilité des prix des matières premières agricoles. Pour le nouveau ministre de l’Industrie, il faut «rééquilibrer les relations entre ‘donneurs d’ordres’ et sous-traitants».

Jean-René Buisson, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), qui va assurer la vice-présidence du comité, a souligné la volonté de la filière d’aboutir à des éléments le plus concret possible, notamment la mise en place d’indicateurs de performance mais aussi de plusieurs groupes de travail. Dans le cadre des travaux du Comité, les quatre axes prioritaires s’articulent autour de l’image du secteur et l’attractivité des métiers, des relations au sein de la filière, du soutien à l’exportation, et des enjeux environnementaux dans une perspective de développement durable. L’Ania propose de transmettre au comité les résultats d’un baromètre d’image réalisé auprès des consommateurs français, afin de mieux comprendre le déficit d’image que connaît l’industrie agroalimentaire. D’autre part, OSEO et l’Ania ont signé un accord d’une durée de trois ans pour renforcer leur collaboration. Pour avoir du concret, il faudra attendre une première réunion de la conférence nationale de l’industrie le 14 décembre prochain qui restituera l’avancée des travaux du comité. Un plan d’actions sera proposé au comité stratégique à la fin du premier semestre 2011. L’année prochaine devrait donc faire figure d’année testpour mettre en application les plans d’actions sur la filière, toutefois la croissance économique de la France ne sera peut-être pas suffisamment au rendez-vous pour soutenir ces initiatives dès 2011.Ce mardi vers 14h30, le titre Danone perdait 1,30%, à 46,23 euros, Bonduelle était proche de l’équilibre, à 63,06 euros, Bongrain perdait 0,49%, à 56,40 euros, Brossard chutait de 3,61%, à 5,07 euros, Fleury Michon lâchait 1,22%, à 31,61 euros, LDC reculait de 0,56%, à 67,62 euros, Naturex était proche de l’équilibre, à 43,89 euros, et Vilmorin progressait de 0,24%, à 78,62 euros, à la bourse de Paris.

Claire Lavarenne

Publié le 23 Novembre 2010

 


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