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Louis Dreyfus pourrait introduire en bourse son activité LD Comodities

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Les dirigeants ce groupe spécialisé dans le négoce et l’agroalimentaire songent à faire appel aux marchés pour booster LD Comodities, la locomotive historique de ses activités, très présente en Afrique et en Amérique du Sud. Si la nouvelle, annoncée par Le Figaro, se précisait, ce serait une authentique révolution dans l’histoire de Louis Dreyfus. Toutefois, ce projet de cotation se ferait tout en préservant le caractère familial de la holding du groupe.
Devenu un acteur de premier plan sur le terrain du négoce et de l’agroalimentaire, le groupe Dreyfus s’apprête peut-être à faire sauter un tabou, qui explique pourtant en grande partie la fulgurance de son développement : depuis 1851, année de sa fondation, cette multinationale d’origine française ne s’est jamais départie de son caractère familial et elle n’a presque jamais publié ses comptes. Le Figaro a eu accès à des informations privilégiées, en vertu desquelles les dirigeants de Louis Dreyfus envisageraient d’introduire en bourse l’une des activités de leur empire. Le groupe n’a officiellement pas confirmé de telles informations.

DÉVELOPPEMENT ACCÉLÉRÉ DANS LE SUCRE ET L’ÉTHANOL

«Une véritable révolution» en perspective, donc, prédit Le Figaro, qui ébauche plusieurs scénarios. En particulier celui d’une cotation de l’un des quatre pôles d’activité de Dreyfus : LD Comodities, dont le siège se trouve à Genève. (Les autres pôles du groupe sont LDHE, trader spécialisé dans l’énergie, l’immobilier ainsi que Direct Energie.) Réalisant un chiffre d’affaires annuel que le journal estime à 26 milliards d’euros, LD Comodities constitue la locomotive historique du groupe, vouée au négoce international ainsi qu’à la transformation et à la commercialisation des matières premières agricoles et énergétiques.

LD Comodities collectionne les prouesses : numéro un mondial dans le négoce du coton et du riz, il figure parmi les trois premiers pour le jus d’orange, le blé et le maïs et le sucre. Et il évolue aussi dans le soja, le tournesol, le sorgho, entre autres cultures. Sans oublier le café, l’un de ses points forts. L’une des régions où LD Comodities a investi le plus lourdement, ces dernières années, est l’Amérique du Sud. Par le biais d’acquisitions qui ont étoffé le parc de ses usines, Louis Dreyfus est devenu une étoile montante, au Brésil, dans le «business» du sucre et de l’éthanol.

Or, un tel business est dévoreur de capitaux, et une introduction en bourse permettrait au groupe de mieux s’imposer sur un marché appelé à se concentrer.

UNE FONDATION INÉBRANLABLE

Même s’il était appelé à flirter avec les marchés pour soutenir le développement de ce pôle négoce et matières premières, Louis Dreyfus ne serait pas obligé pour autant d’ouvrir à des tiers le capital de sa holding. Et il pourrait, de la sorte, conserver son indépendance. En effet, le groupe est administré par deux entités que protège une armure de pactes familiaux.

La Fondation qu’avait créée Robert Louis Dreyfus, disparu des suites d’une longue maladie en juillet 2009, détient 51 % du groupe, administrée par trois «trustees», dont sa veuve, Margarita Louis Dreyfus. (Les deux autres administrateurs sont Jacques Veyrat et Erik Maris.) En outre, plusieurs membres de la famille possèdent les 49 % restants. Pendant les deux dernières années de sa vie, Robert Louis Dreyfus avait mis toute son énergie à racheter des parts de l’empire à certains de ses parents, afin de conjurer l’éparpillement du capital. Il avait fait du blindage de la fondation une priorité absolue : impossible pour les trois actionnaires de céder leurs parts pendant une durée de 99 ans. Un anachronisme dans le capitalisme français.

LA MONTÉE EN PUISSANCE DES ASIATIQUES

Les principaux concurrents de Louis Dreyfus sont les Américains ADM et Cargill ainsi que le Néerlandais Bunge. A l’instar de Dreyfus, Cargill est resté à l’écart de la bourse. Dernièrement, ce quatuor surnommé «ABCD» (A comme ADM, etc.) qui faisait la pluie et le beau temps sur le marché du négoce, à été ébranlé par des trouble-fête venus d’Asie, une région avide de produits agroalimentaires. A savoir Wilmar, Noble et Olam, dont la croissance vitaminée menace certaines des positions d’ABCD. Premier producteur d’huile de palme, Wilmar est décrié par des mouvements de défense de l’environnement pour sa contribution au massacre de forêts tropicales, en Asie-même.

L’usine nouvelle
Le 22 septembre 2010 par Yann Le Houelleur
© Pascal Guittet

http://www.usinenouvelle.com/article/louis-dreyfus-pourrait-introduire-en-bourse-son-activite-ld-comodities.N138637

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