Accueil ECONOMIE . SECTEUR ACTIVITE . . AGRO . Les Français consomment trop d’huile de palme, et sans le savoir

Les Français consomment trop d’huile de palme, et sans le savoir

0
0
8

PARIS — L’huile de palme, accusée d’être du mauvais gras et à l’origine de déforestation massive, est en passe de devenir l’ennemi numéro un en alimentation, au point d’être cachée par la plupart des industriels de l’agroalimentaire, et bannie par d’autres.

L’huile de palme ne s’achète pas dans le commerce. Pourtant, chaque Français en a consommé près de 2 kg en 2008, soit 5,5g/jour, selon des statistiques du ministère de l’Alimentation.

Or, le plus souvent, le consommateur ignore que ses chips, gâteaux ou plats préparés contiennent ce lipide riche en acides gras saturés, puisque ne figure que la mention « huile végétale », synonyme de bon gras.
Selon une étude menée par Findus France, un consommateur un peu averti mange en moyenne 57g d’huile de palme par mois. Soit près de 10% des apports maximum en acide gras saturés (AGS).
Pour les adeptes du grignotage et des plats préparés, à l’alimentation peu équilibrée, cela peut monter à 312g, soit 65% des apports conseillés. Auxquels il faut ajouter les autres AGS venant par exemple de la viande et des produits laitiers.
Le nutritionniste Jean-Michel Cohen, qui a participé à l’étude Findus, dénonce la « volonté de tromperie » des industriels, puisque la mention « huile végétale » est perçue positivement par le consommateur alors qu’en fait d’un point de vue nutritionnel, l’huile de palme c’est « pire que le saindoux ».
Il faut dire que cette huile a de sérieux atouts: solide à température ambiante, elle peut facilement remplacer le beurre dans les gâteaux, y compris pour donner du craquant aux biscuits. Son goût est neutre, elle se conserve facilement, ne rancit pas et est moins chère que le beurre et les autres huiles végétales.
« Le consommateur recherche des aliments forts en goût. Or le goût passe par le gras, puisque c’est lui qui transporte les molécules olfactives. Et le gras pas cher, c’est la palme », explique Nathalie Hutter-Lardeau directrice d’Atlantic Santé, agence conseil en nutrition.

Mais les campagnes de Greenpeace, qui dénonce la déforestation massive en Indonésie menée par les producteurs d’huile de palme, et l’amélioration des connaissances sur les méfaits des acides gras saturés, pourraient inverser la tendance.

Des géants comme Nestlé, Unilever ou Burger King ont annoncé renoncer à se fournir en huile de palme auprès de certains producteurs montrés du doigt par Greenpeace. Sans la retirer des recettes.
Mais d’autres vont plus loin en abandonnant son utilisation, comme Findus France, précurseur en la matière.

Aucun de ses surgelés n’en contiendra après le 1er décembre, après modifications de quelques plats préparés. Un surcoût de 2 millions d’euros pour 2010, « non répercuté sur les prix », souligne Matthieu Lambeaux, DG de Findus France.
Le distributeur Casino revoit actuellement toutes les recettes des produits vendus sous sa marque. 200 sur 570 devraient être sans huile de palme avant la fin de l’année.

A l’Ania, l’association des industries agroalimentaires, Cécile Rauzy, diététicienne, souligne toutefois qu’ »aucune autre matière grasse végétale ne peut remplacer l’huile de palme sans modifier la recette ». Tout du moins « pas au même prix, ni avec les mêmes délais de conservation ».

Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés. Plus » sur

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jcjKrU7hB300Brrwel2Hi8Lo6RQg

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits dans . AGRO .

Laisser un commentaire

Consulter aussi

À partir de 2025, le géant de l’agroalimentaire Unilever veut collecter plus de plastique qu’il n’en vend

  La pression devient grande sur l’abus d’emballages en plastique dans l’agroalimentaire. …