Miser sur les oeufs bio, un marché déficitaire

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Stéphane Azcona qui a reçu le trophée à l’installation 2010, remis par les JA ce printemps, est en cours d’installation à Saint-Martin-de-Boubaux, en poules pondeuses bio. Et son activité devrait démarrer à la mi-juin. Après avoir travaillé dans la restauration, à 30 ans, Stéphane Azcona s’est lancé dans un BPREA agricole et s’est installé à Vauvert juste au moment de la grippe aviaire ! Il a démarré son activité agricole avec 400 poules et s’est constitué une bonne clientèle.
Afin de pérenniser son activité, il s’est mis à la recherche d’une propriété à acheter. C’est par l’intermédiaire de la Safer Lozère qu’il a déniché ce mas cévenol avec 4,8 ha de terrain. Pour parfaire son installation, il a suivi différents stages au CFPPA de Florac, avec l’Alodear également, un organisme 
qui dépend de la Confédération paysanne et qui accompagne les projets petites fermes.

Dans le Gard, Stéphane avait eu le temps de s’apercevoir qu’il y avait un marché pour les poules pondeuses et notamment en bio avec la vogue des cantines bio. Il a également lancé une mini étude de marché en Lozère : coopératives bio de Mende et de Florac, boutiques paysannes, etc. Fort de plusieurs promesses de vente, soutenu par la communauté de communes et après avoir surmonté bien des difficultés, son dossier était accepté par la CDOA en novembre 2009. « Une des difficultés reposait sur l’accès à l’eau potable imposé par la réglementation dans chaque atelier d’emballage ». Après bien des démêlés, épaulé par l’Adasea et d’autres partenaires, Stéphane Azcona a finalement obtenu une dérogation qui lui permet d’attendre l’extension du réseau d’eau potable programmé par la commune.
La première année, il démarrera avec 400 poules (100 000 oeufs / an) puis envisage de monter à 750 (200 000 oeufs / an). Conjuguant rentabilité et plaisir, il a choisi des poules pondeuses (250 oeufs par an) et des races traditionnelles moins productives (180 oeufs / an). À terme, il voudrait également faire des plats cuisinés, créer un camping à la ferme.
Chapeauté par la pépinière d’entreprise du CFPPA, il bénéficiera pendant deux ans de tarifs avantageux pour utiliser l’atelier de transformation de Florac. Avec l’aide d’une connaissance travaillant à l’Inra, Stéphane, qui souhaite rénover deux hectares de vergers, envisage également de mettre au point son propre aliment à base de châtaignes. « En bio, des normes très précises régissent les conditions d’élevage, six poules au m 2 , 20 cm de perchoir par volaille, un accès permanent aux parcours soit 5 200 m 2 dans mon cas, etc. Il faut veiller à avoir une bonne litière, paille, copeaux, faire des rotations sanitaires, bien se défendre contre les préd ateurs. Un élevage moyen en France tourne autour de 5 000 poules. Avec 750 poules seulement, mon projet tient financièrement la route parce qu’il fait fi des intermédiaires, mise sur un marché local aujourd’hui déficitaire. » Cette microferme a toutes ses chances et s’inscrit parfaitement dans le contexte local.  

Marie-Pascale VINCENT 

 

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