Le surcoût des maisons vertes pourrait faire rechuter le marché de la construction

Béatrice Mathieu -  30/09/2009 10:55:00 

Construire un bâtiment de basse consommation (BBC) coûte de 12% à 30% de plus. De quoi refroidir les bonnes intentions des Français en la matière ?

Faire construire sa maison en bois avec pompe à chaleur intégrée et système de récupération des eaux pluviales… une aventure qui n’est plus réservée aux seuls Robinson Crusoe du développement durable. Un sondage réalisé par l’institut CSA révèle que la « maison verte » est une priorité pour 81% des Français, la proportion montant même à 90% pour les 25-34 ans. Du coup, rares sont les constructeurs qui n’ont pas verdi leur catalogue. Sur le papier, cette offre n’est même plus réservée aux plus ménages les plus fortunés. Mikit, le constructeur de maisons « prêtes à finir » a annoncé récemment le lancement d’une maison écolo à 85 000 euros.

Une belle opération de communication qui ne doit pas masquer cependant une réalité moins verte. Chez Mikit, comme chez la plupart de ses concurrents, les bâtiments verts ne représentent  qu’une très faible part des nouvelles constructions. Récemment Marc Pigeon, le président de la fédération des promoteurs constructeurs, a révélé que sur les 90 000 logements neufs vendus cette année, moins de 5% seulement répondaient au critère de basse consommation en énergie ( moins 50 KWh par mètre carré et par an).

Pourtant l’aiguillon de 2012 devrait pousser les promoteurs à se mettre à la page très rapidement : à cette date, toutes les nouvelles constructions devront répondre au critère BBC. Or c’est bien là que la bât blesse. Pour les professionnels du secteur réunis au sein de l’Union des maisons françaises, le surcoût pour ce type de maison devrait être compris entre 12 et 30% selon la forme de la maison, l’énergie utilisée et les zones climatiques. Même si ces surcoûts doivent normalement diminuer à terme avec la généralisation et l’industrialisation de nouvelles techniques, cette hausse de tarifs risque de décourager les acheteurs potentiels et fragiliser un secteur tout juste sorti de la récession.

Autre paradoxe, la maison individuelle écolo est loin de ravir les urbanistes qui travaillent sur le concept de ville durable. Car pour réduire les émissions de CO2 causées en grande partie par la voiture, il s’agit aujourd’hui de redensifier l’habitat et de revenir notamment vers le logement collectif proche d’accès du coeur des villes. Rien à voir avec les lotissements neufs en lointaine banlieue, aussi verts soient-ils !

 


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