Cdiscount s’invite dans la vente d’énergie

Filiale de Casino, Cdiscount lance une offre de fourniture d’électricité pour concurrencer le tarif réglementé d’EDF.

Le site de vente en ligne Cdiscount investit le secteur de l’énergie. Ce jeudi, la marque grand public a lancé une offre de vente en ligne d’électricité « 15% moins chère que le tarif réglementé de vente » proposé par EDF. Le rabais annoncé sera toutefois moins important sur la facture des ménages: comme les offres des autres fournisseurs alternatifs, la réduction affichée par Cdiscount est hors taxe et hors abonnement. Ainsi, selon le comparateur d’offres énergie-info, l’offre online de Direct Energie, qui affiche 10% de réduction par rapport au TRV d’EDF, ressort à -6% toutes taxes comprises selon le dernier baromètre trimestriel publié par le régulateur du secteur. Et l’offre Happ’e d’Engie, qui offre une remise de -8%, revient à -5% toutes taxes comprises.

Barrières à l’entrée basses

Quelques jours après le lancement par Total de sa marque Total Spring , Cdiscount espère à son tour prendre sa part des 84% de sites résidentiels (soit 27 millions) qui sont encore clients d’EDF, quand Engie et les autres fournisseurs alternatifs (Direct Energie, Eni, Enercoop…) se partagent les 16% restants. « Le gâteau est très gros. Il y a encore de la place pour des nouveaux entrants avec différents positionnements: offre low cost ou verte, sur internet… », estime un expert du secteur.

Cdiscount, qui revendique 8,5 millions de clients actifs pour son site de vente en ligne, s’est déjà lancé sur le marché de la téléphonie mobile il y a un an avec une offre qui voulait directement concurrencer Free. « Aujourd’hui, les barrières à l’entrée sont très basses pour entrer sur le marché de la fourniture d’énergie. Ce qui va jouer, c’est le coût d’acquisition des clients donc la notoriété de la marque est importante », poursuit cet expert.

De l’amont à l’aval

Pour se lancer, Casino s’appuie sur une autre de ses filiales, GreenYellow, qui porte l’offre de Cdiscount dans l’énergie. Greenyellow avait même déjà lancé sa propre offre d’électricité à destination des particuliers, avec une promesse de réduction de 10% (hors taxes et hors abonnement) sur le TRV d’EDF. Créée il y a presque dix ans,GreenYellow est entrée dans le secteur de l’énergie par la production solaire et les services . A l’instar d’un Direct Energie qui a investi dans la production après la fourniture d’énergie, Casino devient ainsi un acteur présent de l’amont à l’aval.

Véronique Le Billon

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Silicon Valley – Les investissements s’envolent dans le segment de la foodtech

Et si les jeunes pousses qui concoctent la nourriture de demain, notamment en mettant au point des steaks sans viande, parvenaient à éclipser la bonne vieille carne de boeuf de nos assiettes ?

Selon Crunchbase, la Silicon Valley met les bouchées doubles. Les investissements s’envolent dans ce segment de la foodtech.

Sur ces deux dernières années, les start-up de protéines alternatives ont récolté plus de 250 millions de dollars d’investissement. Le marché du végétalisme, qui consiste à proposer des alternatives à la nourriture d’origine animale, semble décidément s’imposer comme une des grandes tendances de la planète tech. « Les fonds de capital risque et les investisseurs stratégiques mettent des centaines de millions de dollars sur la table de ces entreprises », constate la plateforme Crunchbase en précisant que les financements pourraient être plus importants encore car les montants des levées de fonds ne sont pas systématiquement divulgués.

Parmi les poids lourds du secteur : la start-up californienne Impossible Foods, fondée en 2011 par Patrick Brown, un biochimiste de l’université de Stanford désireux de trouver une alternative à la consommation de viande et ainsi faire du bien à la planète. La recette secrète d’Impossible Foods ? Un faux steak à hamburger imitant parfaitement l’aspect de la viande bouchère, avec un goût carné et une texture saignante. La start-up utilise une hémoprotéine, appelée leghémoglobine, présente dans les racines de soja, qu’elle transforme en sang végétal en la mélangeant à de la levure.

De la viande végétale en quantité industrielle

Depuis son lancement en juin 2016, le faux steak d’Impossible Foods a fait son entrée sur le menu d’une cinquantaine de restaurants américains. La jeune pousse de Redwood City a même ouvert une usine à Oakland afin d’y produire 450 kilos de viande végétale chaque mois, de quoi garnir environ quatre millions de burgers. « C’est le lieu de naissance d’une toute nouvelle industrie », s’est ému Patrick Brown lors de l’inauguration de l’établissement en mars dernier. Le fondateur et CEO a assuré que « n’importe où les consommateurs iraient acheter de la viande », Impossible Foods « sera présent et compétitif ».

Le portefeuille de la start-up n’arrête pas de grossir : près de 270 millions de dollars au total.

Dont, début août, un tour de table de 75 millions de dollars auprès de Bill Gates ainsi que de Khosla Ventures et Horizon Ventures, investisseurs respectifs d’Instacart et de Waze. Le cofondateur de Microsoft a également misé sur d’autres start-up du même acabit : Beyond Meat et son steak végétal vendu dans les rayons de Whole Foods et Safeway, ainsi que Memphis Meats. Passée par l’accélérateur de startups biotechnologiques IndiBio, cette dernière a réussi à mettre au point du blanc de poulet en laboratoire. Memphis Meat a d’ailleurs annoncé, mardi 23 août 2017, une levée de fonds en série A de 17 millions de dollars. Une opération conduite par Draper Fisher Jurvetson (DFJ), le fonds de capital risque qui a investi dans Tesla, SpaceX ou encore Skype.

La nourriture du futur ?

À l’occasion de ce dernier tour de table, Memphis Meat s’est particulièrement réjoui du soutien financier de Cargill, le géant mondial de l’agroalimentaire. En octobre dernier, Tyson Foods, premier exportateur de viande aux États-Unis, avait annoncé une prise de capital de 5 % dans Beyond Meat. Les mastodontes de l’agroalimentaire traditionnelle parient eux aussi sur ce secteur de la foodtech en finançant des entreprises qui proposent des produits de substitution aux leurs.

Selon Lux Research, « la demande de produits alternatifs à la viande devrait plus que doubler ces sept prochaines années, avec une augmentation de 14 % par an ». Cette tendance est alimentée par le mouvement “vegan”, notamment incarné par des figures de la tech tels que Mark Zuckerberg, mais aussi par des motivations environnementales. Les rapports scientifiques ne cessent de dénoncer l’élevage intensif comme une des causes principales d’émission de CO2 et de consommation d’eau. La Californie a justement l’ambition de réduire ses émissions de gaz à effet d’au moins 40% d’ici 2030. L’État le plus riche des États-Unis est un terreau idéal pour faire germer les start-up de protéines alternatives.

Par Klervi Drouglazet, à San Francisco


250.000 œufs contaminés ont été « mis sur le marché » en France

Invité ce matin de BFMTV-RMC, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a réagi à la polémique autour des œufs contaminés au Fipronil. Selon lui, « il ne s’agit pas d’un scandale sanitaire mais d’une fraude caractérisée » même si près de 250.000 œufs contaminés ont été commercialisés en France.

Les Français peuvent continuer à consommer des œufs sans danger. Alors que des millions d’œufs, commercialisés dans une douzaine de pays européens, ont été contaminés au Fipronil -dont l’usage sur les animaux destinés à la consommation est pourtant interdit- le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est montré rassurant au micro de BFMTV-RMC.

Commentant les conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), saisie en début de semaine pour mener des enquêtes de traçabilité et évaluer les risques auxquels les consommateurs ont été potentiellement exposés, Stéphane Travert a indiqué que « le risque pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux (de Fipronil, NDLR) constatés » dans les produits analysés.

À ce stade, « nous ne faisons donc pas face à un scandale sanitaire mais à une fraude sur un produit interdit en France » a précisé le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, estimant que « l’avis de l’Anses constitue une bonne nouvelle ».

Selon Stéphane Travert, le Fipronil a été introduit dans l’Hexagone « car les entreprises fabriquant des ovoproduits ont été trompées par leurs fournisseurs ». Pour rappel treize lots d’œufs contaminés, en provenance de la Belgique et des Pays-Bas, ont été livré à différents acteurs de l’industrie agroalimentaire.

Des œufs en coquille contaminés vendus en France

Le ministre a rappelé que les œufs en coquille issus des élevages français ne sont absolument pas concernés par cette crise bien qu’un éleveur ayant utilisé du Fipronil s’est « spontanément fait connaître » des autorités sanitaires.

Stéphane Travert a cependant indiqué que quelque 196.000 œufs en coquille (provenant de Belgique) et contaminés au Fipronil ont été vendus en grande surface entre le 16 avril et le 2 mai. « Ces oeufs ont déjà été consommés, sans impact pour la santé » a-t-il précisé.

Originaire des Pays-Bas, un second lot d’œufs en coquille, soit 48.000 unités, a également été commercialisé dans l’Hexagone. Vendus au sein de l’enseigne Leader Price, leurs coquilles portent le numéro 0NL43651-01. Selon le ministre, les clients « peuvent les consommer sans aucun danger ».

Enfin, Stéphane Travert a précisé que « tous les produits transformés (pâtisseries industrielles, plats cuisinés,…), contenant des œufs en provenance des pays concernés seront retirés du marché pour analyse, puis remis en vente en fonction des résultats ».

A.M.

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